« J’ai très envie d’emmerder les non-vaccinés » : qu’avez-vous pensé de ces propos sans langue de bois du président de la République dans une interview du journal Le Parisien ?

Xavier Roseren : « je comprends que les mots puissent choquer par leur ton familier et inhabituel venant du chef de l’Etat mais il est nécessaire de rappeler le fond de ce discours : l’idée, que je partage et que partage une majorité de Français, est que tous ceux qui ont un schéma vaccinal complet ne subissent pas les contraintes et le contrecoup dû au fait qu’entre 8 et 10 % de la population française refuse de se faire vacciner. Cela passe donc par la contrainte sur cette tranche de la population pour leur faire franchir le pas. C’était déjà le rôle du passe sanitaire mis en place cet été, c’est également celui du passe vaccinal.

Faut-il le rappeler ? 85 % des patients en réanimation pour covid ne sont pas vaccinés, ils saturent les hôpitaux en ce moment même et font déprogrammer des opérations. C’est cela qui nous oblige aujourd’hui à durcir les restrictions pour ne pas paralyser le pays. »

 

Afin de recontextualiser les propos du président de la République, voici l’extrait en question :

  • Solène Jalet, 23 ans, étudiante : C’est vrai qu’avec toutes les nouvelles mesures qui sont mises en place, on a l’impression d’une obligation vaccinale déguisée. Alors est-ce qu’officiellement, vous allez rendre la vaccination obligatoire ?

    Emmanuel Macron : Je nous pose collectivement la question. Faisons l’hypothèse : si demain je dis pour tous les adultes, il faut être vacciné. Comment on le contrôle et quelle est la sanction ? C’est ça, le vrai sujet. Je vais forcer des gens à aller se faire vacciner ? Les emprisonner et puis les vacciner ? Vous allez me dire : vous êtes quelqu’un de bizarre vous… On ne fera pas ça. Leur mettre des amendes ? Si j’ai des gens très modestes qui ne sont pas vaccinés, je vais leur mettre 1 000 euros, 2 000 euros d’amende ?

  • Isabelle Berrier, 54 ans, cadre infirmière : Mais tous ces gens-là qui ne sont pas vaccinés sont ceux qui occupent à 85 % les réanimations… Et par contre, il y a des gens qui sont atteints de cancers dont on reporte les opérations, à qui on ne donne pas l’accès aux soins et qui sont vaccinés !

    Emmanuel Macron : Ce que vous venez de dire, c’est le meilleur argument. En démocratie, le pire ennemi c’est le mensonge et la bêtise. Nous mettons une pression sur les non-vaccinés en limitant pour eux, autant que possible, l’accès aux activités de la vie sociale. D’ailleurs, la quasi-totalité des gens, plus de 90 %, y ont adhéré. C’est une toute petite minorité qui est réfractaire. Celle-là, comment on la réduit ? On la réduit, pardon de le dire, comme ça, en l’emmerdant encore davantage. Moi, je ne suis pas pour emmerder les Français. Je peste toute la journée contre l’administration quand elle les bloque. Eh bien là, les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder. Et donc on va continuer de le faire, jusqu’au bout. C’est ça, la stratégie. Je ne vais pas les mettre en prison, je ne vais pas les vacciner de force. Et donc, il faut leur dire : à partir du 15 janvier, vous ne pourrez plus aller au restau, vous ne pourrez plus prendre un canon, vous ne pourrez plus aller boire un café, vous ne pourrez plus aller au théâtre, vous ne pourrez plus aller au ciné…

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