Mon vote sur la loi Duplomb : un choix difficile mais assumé !

9 Juil, 2025Actualité du moment, Environnement, Paris

Mon vote sur la loi Duplomb n’a pas été simple. Ce texte, présenté comme une réponse aux mobilisations agricoles de l’hiver dernier, suscite des débats légitimes. Il contient des avancées importantes, mais aussi des reculs inacceptables. J’ai choisi de voter contre, non sans hésitation, mais avec responsabilité et cohérence.

 

Ce que contient la loi Duplomb

 

À l’hiver 2024, les agriculteurs ont bloqué les routes de France pour réclamer trois choses simples : de la clarté, de la simplification, du respect.

Ils étaient soutenus massivement par la société parce que nous voulons tout : une alimentation locale, sans insecticides, respectueuse de l’environnement et à bas prix.

Mais ce « tout » est aujourd’hui intenable et nous le savons.

Le texte tente d’apporter une réponse et comprend plusieurs avancées que je reconnais :

    • Le renforcement du dispositif d’assurance récolte,
    • Un soutien accru aux éleveurs,
    • Des mesures pour faciliter l’accès à l’eau.

Autant de points essentiels pour nos agriculteurs mais…

 

La ligne rouge : le retour d’un néonicotinoïde

 

Le texte franchit une ligne que je ne peux accepter : le retour d’un néonicotinoïde, substance largement reconnue comme dangereuse pour la biodiversité et les pollinisateurs.

Son interdiction n’a rien d’idéologique : elle repose sur des preuves scientifiques solides.

 

Se pose alors un dilemme entre écologie et agriculture, car en face des filières comme celle de la betterave sucrière sont en grande difficulté :

    • 90 000 emplois sont menacés par une interdiction brutale, sans solution de remplacement.
    • Et au-delà : le risque d’importer des produits moins vertueux, de perdre notre souveraineté alimentaire.

 

Pourquoi j’ai voté contre

 

J’ai finalement voté contre cette loi.

Voici pourquoi :

    • Je me suis toujours opposé au retour des néonicotinoïdes.
    • On ne construit pas la souveraineté alimentaire sur des reculs environnementaux.
    • Les réponses doivent être durables, pas dictées uniquement par l’urgence.
    • Ce texte n’apporte pas d’alternative crédible.
    • Il oublie totalement les agriculteurs de montagne.
    • Et surtout : nous ne devrions pas avoir à choisir entre environnement, agriculture et santé publique.

 

Ce que je défends

 

Mon vote n’est pas un refus de voir la réalité, ni un aveu d’impuissance.

C’est une position de responsabilité face à un compromis que je considère déséquilibré.

Je suis lucide : la solution n’est pas uniquement nationale.

Elle passe par l’Europe :

    • par l’encadrement des importations,
    • par un vrai soutien à la recherche,
    • par une régulation des marchés agricoles, cohérente avec nos objectifs climatiques et sociaux.

Nous avons besoin d’un pacte clair et ambitieux entre agriculture, environnement et santé publique et ce texte n’en est pas encore un.

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