Alors que les territoires de montagne sont en première ligne face aux effets du changement climatique, la mission parlementaire sur la transition des stations, dont je suis co-rapporteur aux côtés de mon collègue Denis Fégné, progresse activement. À travers des auditions menées avec des acteurs variés, les contours d’un nouveau modèle se dessinent.
Penser à long terme et à l’échelle du territoire
Les auditions ont souligné une attente forte : sortir de la gestion par station isolée pour construire des stratégies de territoire, sur 10, 15 ou 20 ans. La transition ne pourra réussir sans une vision de long terme, collective, capable d’intégrer les vulnérabilités sociales, climatiques et économiques. Cela implique de renforcer la gouvernance, d’améliorer la coordination entre les acteurs et de repenser les outils de pilotage à l’échelle des massifs.
La montagne ne peut plus être pensée uniquement comme une destination touristique, mais comme un territoire de vie à part entière, où les choix d’aménagement, de mobilité, d’emploi et de services publics doivent être intégrés.
Diversifier les modèles et soutenir les habitants
Le modèle fondé sur le ski comme activité dominante atteint ses limites. Face à cela, la diversification économique apparaît comme un levier essentiel : développer un tourisme à l’année, mieux répartir les activités dans le temps et l’espace, s’appuyer sur les ressources naturelles et culturelles locales, encourager l’innovation et de nouvelles formes de séjour.
Cette transition ne peut se faire sans les habitants. Les enjeux de logement sont au cœur de toutes les préoccupations : lutter contre les « lits froids », faciliter la rénovation de l’habitat, garantir des logements accessibles pour les saisonniers comme pour les résidents permanents. Maintenir une vie à l’année en montagne, c’est aussi renforcer sa résilience.
Préserver les ressources et adapter les infrastructures
Autre axe majeur de la transition : la gestion de l’eau et des risques naturels. Les territoires auditionnés appellent à une meilleure planification des usages, à une harmonisation des données et à un recours accru aux solutions fondées sur la nature. La question de la neige de culture, en particulier, doit être reposée dans une approche globale, combinant sobriété, adaptation et équité territoriale.
La reconversion ou l’adaptation des infrastructures héritées des décennies passées fait également partie des grands chantiers à venir. C’est un défi économique autant qu’écologique, qui demande des moyens, de l’ingénierie et un accompagnement renforcé, notamment pour les territoires les plus fragiles.